Préavis d'une semaine pendant six mois : vous pouvez enfin essayer un chauffeur
Depuis le 1er août 2026, un contrat de travail se rompt avec une semaine de préavis pendant six mois. Ce que ça change quand vous engagez un chauffeur de taxi.
Tous ceux qui gèrent une flotte connaissent la scène : un chauffeur se présente bien, dit connaître la ville, promet d'être là le samedi soir. Trois semaines plus tard, les feuilles de route sont bancales, la recette ne ressemble à rien et vous découvrez qu'il vous faut cinq semaines de préavis pour le sortir. Depuis le 1er août 2026, c'est une semaine. Voici ce qui a changé, précisément, et ce que ça implique dans une entreprise de taxis.
Ce qui a changé exactement
Le législateur n'a pas rétabli la période d'essai supprimée en 2014. Il a fait plus simple : il a raccourci le préavis pendant les six premiers mois du contrat. Concrètement, employeur et travailleur peuvent désormais mettre fin au contrat moyennant une semaine de préavis, tant que l'ancienneté n'a pas dépassé six mois. Aucune clause à prévoir, aucune formule à recopier : la règle s'applique d'office à tout nouveau contrat.
La mesure vient d'une loi du 3 juin 2026 qui modifie l'article 37/2 de la loi du 3 juillet 1978 sur les contrats de travail, publiée au Moniteur belge le 15 juin 2026. Elle vaut de la même manière pour les ouvriers et pour les employés — donc pour vos chauffeurs, qui relèvent de la commission paritaire du secteur taxi (140.02). État du dossier au 4 août 2026.
Avant / après : ce que vous gagnez vraiment
Attention à ne pas se raconter d'histoire : la semaine de préavis existait déjà pour les tout débuts. Ce qui change, c'est qu'elle couvre maintenant les six mois entiers, là où elle grimpait à trois, quatre puis cinq semaines dès le passage du troisième mois. C'est précisément la zone où l'on se rend compte qu'un chauffeur ne convient pas.
| Ancienneté | Avant | Depuis le 1er août 2026 |
|---|---|---|
| Moins de 3 mois | 1 semaine | 1 semaine |
| 3 à 4 mois | 3 semaines | 1 semaine |
| 4 à 5 mois | 4 semaines | 1 semaine |
| 5 à 6 mois | 5 semaines | 1 semaine |
| 6 à 9 mois | 6 semaines | 6 semaines (inchangé) |
Traduit en trésorerie : sortir un chauffeur au cinquième mois vous coûtait un mois et demi de rémunération à porter, souvent pour quelqu'un qui n'était déjà plus au volant. Aujourd'hui, c'est une semaine. Passé le sixième mois, en revanche, rien ne bouge : on revient au barème habituel, qui continue de monter avec l'ancienneté.
Le revers : ça marche dans les deux sens
La même semaine s'applique au chauffeur qui démissionne. Avant, il vous devait deux semaines entre le troisième et le sixième mois ; désormais une seule. Dans un métier où les chauffeurs circulent d'une société à l'autre au gré des voitures disponibles et des accords de recette, ce n'est pas neutre : un bon élément peut partir sept jours après vous l'avoir annoncé, en pleine période chargée.
La souplesse ne se demande pas à sens unique. Elle vous laisse sortir une erreur de recrutement en une semaine ; elle laisse aussi partir votre meilleur chauffeur en une semaine.
La conséquence pratique est simple : votre planning doit pouvoir encaisser un départ à sept jours. Cela veut dire garder une voiture couverte par plus d'un chauffeur, savoir en un coup d'œil qui roule sur quel créneau, et ne pas avoir toute l'histoire d'un chauffeur uniquement dans sa tête.
Quels contrats sont concernés
- Ce qui compte, c'est la date de début d'exécution, pas la date de signature. Un contrat signé en juillet mais dont le chauffeur prend le volant le 10 août tombe sous la nouvelle règle.
- Les contrats en cours ne changent pas. Vos chauffeurs déjà en poste restent sur l'ancien barème pour leurs six premiers mois — inutile de refaire des avenants.
- Rien à écrire dans le contrat. Il ne s'agit pas d'une clause d'essai à négocier : la règle s'applique automatiquement, que le contrat en parle ou non.
- Le préavis reste un préavis, avec ses formes (notification écrite, point de départ au lundi qui suit). Une semaine ne veut pas dire « du jour au lendemain ».
Ce que ça change dans la conduite d'une flotte
La vraie nouveauté n'est pas juridique, elle est managériale : vous pouvez enfin essayer un chauffeur pour de bon. Le mettre au volant trois semaines, regarder ce que ça donne, et décider. Encore faut-il décider sur autre chose qu'une impression. Un chauffeur sympathique qui rentre chaque nuit avec une feuille de route incomplète vous coûtera plus cher qu'un taiseux dont les comptes tombent juste.
Les trois choses à regarder pendant cette fenêtre sont toujours les mêmes : est-ce qu'il ouvre et clôture ses services correctement, est-ce que sa recette tient debout une fois ventilée par plateforme et par mode de paiement, et est-ce que le décompte de la période correspond à ce que vous aviez convenu. Trois questions auxquelles un carnet papier ne répond jamais avant la fin du mois — alors que la fenêtre d'essai, elle, se referme. Quelques minutes suffisent pour installer ce suivi avant le premier service.
Un dernier point de méthode : réglez les conditions du décompte avant le premier service, pas après. C'est le moment où tout se discute sereinement, et ça vous évite de renégocier une clé de partage au moment où vous vous apprêtez à mettre fin au contrat. Voici comment enchaîner, geste par geste.
Suivre un chauffeur pendant ses premières semaines dans ViaIris
Référencez le chauffeur
Dans « Chauffeurs », ajoutez-le avec son prénom et son nom — le numéro de certificat de capacité est optionnel. Aucun compte n'est créé à sa place : ViaIris génère un code de liaison et un lien d'inscription à lui remettre.
Réglez le décompte de son embauche
Depuis sa fiche, ouvrez « Décompte » : clé de recette, clé de pourboire, rémunération convenue. Chaque champ suit vos réglages d'entreprise tant que vous ne le personnalisez pas. C'est le moment de poser les conditions, pas plus tard.
Posez-le sur le planning
Attribuez-lui une voiture et un créneau. Dès son premier service, sa feuille de route se génère toute seule, au bon numéro et sans trou dans votre numérotation.
Lisez ses chiffres après deux ou trois semaines
Ouvrez « Décompte chauffeur » sur la période écoulée : recette ventilée par source, part du chauffeur, reste en cash et solde de règlement. Vous voyez ce que ce chauffeur rapporte réellement, et si ses comptes tombent juste.
Confirmez… ou retirez-le du roster
Si ça ne colle pas, retirez-le de votre équipe à la date d'effet voulue : son emploi est clôturé à cette date, sans effacer l'historique des services déjà roulés. Un retour plus tard créera simplement une nouvelle embauche.
Questions fréquentes
Depuis quand peut-on rompre un contrat de travail avec une semaine de préavis ?
Depuis le 1er août 2026, pour les six premiers mois du contrat. La règle vise les contrats dont l'exécution démarre à cette date ou après : c'est la date de début de travail qui compte, pas la date de signature. Elle découle d'une loi du 3 juin 2026 modifiant l'article 37/2 de la loi du 3 juillet 1978, publiée au Moniteur belge le 15 juin 2026.
La règle vaut-elle aussi quand c'est le chauffeur qui part ?
Oui. Le préavis d'une semaine pendant les six premiers mois s'applique aux deux parties : au licenciement par l'exploitant comme à la démission du chauffeur. Auparavant, un chauffeur qui démissionnait entre le troisième et le sixième mois devait deux semaines.
Mes chauffeurs déjà en poste sont-ils concernés ?
Non. Les contrats déjà en cours au 1er août 2026 restent soumis à l'ancien barème, qui montait progressivement jusqu'à cinq semaines entre le cinquième et le sixième mois. Il n'y a aucun avenant à signer pour eux.
Faut-il ajouter une clause d'essai dans le contrat de travail ?
Non, et c'est la particularité de cette réforme : la période d'essai n'a pas été rétablie en tant que telle. Le préavis raccourci s'applique automatiquement à tout nouveau contrat, qu'il en parle ou non. Pour la rédaction du contrat et la notification d'un préavis, appuyez-vous sur votre secrétariat social.
À retenir
- Une semaine de préavis pendant les six premiers mois, pour tout contrat dont l'exécution démarre le 1er août 2026 ou après.
- Ce qui change surtout, c'est la zone du troisième au sixième mois : trois, quatre puis cinq semaines auparavant, une seule aujourd'hui.
- La règle joue dans les deux sens : votre chauffeur peut aussi partir en une semaine. Prévoyez un planning qui encaisse un départ à sept jours.
- Rien à écrire dans le contrat, mais le préavis garde ses formes : notification écrite, effet au lundi suivant.
- Une fenêtre d'essai ne sert à rien sans chiffres : services clôturés, recette ventilée, décompte de la période — regardez ces trois-là avant de confirmer.
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